Points clés
- Définir des SLA de correctifs fondés sur le risque : fixez les délais de mise à jour et les politiques d’exception selon les niveaux de logiciels, la gravité et l’impact sur l’activité.
- Utiliser des anneaux de déploiement pour plus de sûreté : déployez les correctifs par anneaux successifs afin de valider la stabilité et de réduire les perturbations.
- Automatiser les processus de mise à jour : automatisez les approbations, la planification et les tests en environnement isolé pour fluidifier la mise à jour et limiter les délais humains.
- Suivre les indicateurs de conformité : surveillez les délais d’installation, le respect des SLA et les taux d’échec pour conserver une visibilité et une gouvernance continues.
- Maîtriser et lever les exceptions : documentez les exceptions, désignez des responsables, imposez des dates d’expiration et appliquez des mesures compensatoires pour maîtriser le risque.
Hiérarchiser la mise à jour des logiciels, notamment en mettant en place un SLA (contrat de niveau de service) adapté à la gestion des vulnérabilités, tout en conciliant bonnes pratiques de cybersécurité et besoins des utilisateurs finaux : voilà un défi de gouvernance informatique classique pour les équipes IT et les fournisseurs de services gérés (MSP). Même un processus de politique de gestion des correctifs soigneusement planifié perd en efficacité et s’enlise au moment de l’implémentation dès lors que les priorités restent floues, qu’une validation manuelle est requise ou que les exceptions ne sont ni suivies ni supprimées.
Ce guide pratique propose un cadre de gestion des correctifs efficace, appuyé sur l’automatisation, les bonnes pratiques définies par les fournisseurs et une supervision continue. Résultat : une remédiation des vulnérabilités couverte en permanence, qui tient compte des cas limites et des exceptions.
Le lien entre SLA (contrat de niveau de service) et gestion des correctifs
Un SLA (contrat de niveau de service) formalise la relation entre un MSP et ses clients. Il établit votre rôle, y compris les services précis que vous vous engagez à fournir, ainsi que des indicateurs de fiabilité et de disponibilité. Les SLA instaurent la confiance et garantissent que le périmètre des prestations est clair et défini à l’avance.
La gestion des correctifs occupe une place importante dans les services que les MSP proposent à leurs clients. Maintenir les logiciels à jour constitue un moyen essentiel de protéger les systèmes contre les menaces de cybersécurité, et une exigence de conformité pour de nombreux cadres de protection des données et de confidentialité. Les entreprises attendent que les protections de cybersécurité, les mesures de mitigation et les voies de résolution figurent dans leurs SLA.
Ce qu’il vous faut pour fixer des objectifs réalistes en gestion des correctifs
Pour obtenir une conformité des correctifs efficace et définir des SLA réalistes autour d’elle, vous aurez besoin :
- de niveaux d’actifs logiciels et de fenêtres de maintenance documentés
- de notes de correctifs indiquant la gravité des vulnérabilités, ainsi que de listes de fournisseurs de confiance
- d’outils de déploiement de mise à jour et d’automatisation prenant en charge les anneaux progressifs et le retour arrière automatique
- d’une plateforme de documentation informatique centralisée pour conserver les indicateurs mensuels et un registre des exceptions
Notez que le cadre présenté dans ce guide n’est pas universel : vous devrez l’ajuster à l’environnement d’exploitation propre à chacun de vos clients, en tenant compte de la politique interne comme des lois applicables en matière de protection des données ou de confidentialité qui encadrent l’activité de l’entreprise ou celle de ses clients.
Étape 1 : définir des SLA et des objectifs de gestion des correctifs fondés sur le risque
Définissez et classez vos niveaux d’actifs logiciels, en précisant leur importance pour la disponibilité informatique de base comme pour les opérations de l’entreprise. Pour chaque niveau, déterminez la rapidité de déploiement des correctifs, le traitement des validations d’urgence et les membres de l’équipe habilités à autoriser des exceptions.
Appuyez ces objectifs sur les logiciels effectivement affectés à chaque niveau, en intégrant les recommandations des fournisseurs sur la mise à jour et les fenêtres de maintenance prévisibles selon l’usage.
Vous pouvez par exemple mettre en place un niveau de priorité élevée dans lequel les logiciels critiques exposés à l’extérieur sont corrigés et testés automatiquement pendant la nuit, tandis que les logiciels de productivité nécessaires aux collaborateurs et ne présentant pas de menace active attendent les fenêtres de mise à jour du week-end, après vérification de leur compatibilité avec les autres outils. Les validations d’urgence qui sortent du cadre des politiques par niveau (comme la correction d’un logiciel visé par une exploitation active, par exemple un serveur de messagerie) doivent elles aussi être soigneusement planifiées.
Définissez vos SLA sur cette base, ainsi qu’une politique d’exceptions incluant la réponse d’urgence, en vous assurant qu’une personne habilitée sera disponible pour valider dans des délais raisonnables. Mettez en évidence les exceptions susceptibles de laisser un logiciel obsolète en production (par exemple, un utilisateur qui a besoin d’une version plus ancienne d’une suite bureautique pour des raisons de compatibilité).
Étape 2 : limiter les dégâts grâce au déploiement par anneaux
Les déploiements progressifs par anneaux vous permettent de revenir à des configurations connues comme fiables lorsqu’un correctif crée plus de problèmes qu’il n’en résout. À partir des niveaux définis plus haut, désignez un petit groupe pilote pour les premiers tests, puis élargissez progressivement aux anneaux couvrant une plus grande variété d’appareils et de configurations, jusqu’à obtenir un taux de réussite fiable et la confirmation que les problèmes connus ont bien été évités.
Prêtez une attention particulière aux notes de correctifs et aux bonnes pratiques de mise à jour recommandées par les fournisseurs, et veillez à ce que vos procédures de mise à jour automatisées les prennent en compte et les valident.
Étape 3 : automatiser les validations et la planification par catégorie
Hiérarchisez et automatisez les mises à jour de sécurité lorsque le risque lié à des systèmes non corrigés dépasse celui d’un incident de mise à jour. Les mises à jour à risque élevé, comme les pilotes, les micrologiciels et les mises à jour majeures de fonctions du système d’exploitation ou des applications, doivent être mises en attente de revue afin d’éviter toute interruption de service. Créez des fenêtres de mise à jour et de maintenance en fonction des horaires de travail et de l’impact sur les utilisateurs finaux, et laissez à ces derniers la possibilité de terminer leur travail avant le redémarrage des systèmes, à l’aide de prompts ou de périodes de tolérance.
La gestion des correctifs enrichie par l’IA peut vous y aider : elle signale automatiquement les correctifs potentiellement risqués, réalise des tests en environnement isolé et fournit des synthèses à votre équipe informatique pour des décisions éclairées.
Étape 4 : surveiller la couverture et la fiabilité
Utilisez votre plateforme de gestion et surveillance à distance (RMM) pour suivre trois indicateurs clés :
- le délai médian d’installation par niveau et par gravité
- la conformité aux SLA
- le taux d’échec ou de retour arrière par anneau de déploiement
Ces informations peuvent être regroupées dans des rapports mensuels qui vous aident à repérer les actifs et les niveaux qui manquent systématiquement leurs fenêtres de mise à jour et leurs objectifs de SLA. Vous pouvez également identifier les fournisseurs surreprésentés dans ces écarts (ce qui peut justifier d’ajuster les niveaux ou la répartition des actifs), ainsi que les versions de logiciels présentant des problèmes spécifiques nécessitant des solutions de contournement ou des mesures de mitigation.
Examinez vos rapports régulièrement pour vous assurer que la couverture est complète, que les exceptions et les réponses d’urgence sont justifiées et que la fiabilité reste au rendez-vous.
Étape 5 : encadrer les exceptions par des dates d’expiration et des mesures compensatoires
Documentez toutes les mesures d’urgence et les exceptions, les actions menées pour les appliquer et ce qu’il reste à faire pour les supprimer. Attribuez chaque exception à un membre de votre équipe informatique et fixez-lui une date d’expiration. Faites-la respecter soit par une automatisation qui annule l’exception, soit par la création ou l’escalade automatisée d’un ticket si l’opération doit être réalisée manuellement.
Chaque exception doit être évaluée au regard de son impact sur la sécurité, et des mesures doivent être mises en place pour la mitiger (par exemple, des règles de pare-feu supplémentaires) en attendant que le logiciel puisse être mis à jour. Ces mesures doivent elles aussi être documentées afin de pouvoir être levées, ce qui évite d’accumuler des exceptions et des contrôles devenus inutiles.
Étape 6 : constituer un dossier de preuves mensuel
Utilisez vos outils d’automatisation informatique et de documentation pour générer et publier automatiquement des rapports mensuels attestant de votre conformité aux SLA par niveau et de votre taux de réussite des correctifs. Ajoutez-y la liste des logiciels encore non corrigés et la raison de cette situation (exception, test en cours ou attente d’une fenêtre de maintenance adaptée).
Ces rapports améliorent la relation client en montrant comment les objectifs de SLA sont atteints et quelles améliorations sont mises en œuvre pour corriger les logiciels le plus rapidement possible, sans nuire à la productivité.
NinjaOne apporte automatisation et supervision à la conformité des correctifs
La gestion des correctifs relève d’un équilibre permanent : garder la maîtrise et déployer les correctifs critiques sans perturber les processus de l’entreprise demande beaucoup de doigté aux équipes informatiques.
NinjaOne automatise la gestion des correctifs au sein de sa plateforme informatique, qui réunit surveillance, gestion, sécurité, sauvegarde et automatisation du support, ainsi que des outils de réussite client. Vous pouvez définir des règles qui approuvent automatiquement les correctifs de sécurité critiques provenant de fournisseurs fiables, suivre les tâches ouvertes et créer des tickets en cas de manquement à un SLA, et automatiser l’expiration des exceptions et des méthodes de mitigation. Les rapports mensuels peuvent être générés automatiquement à partir des données collectées sur les terminaux : l’automatisation s’accompagne ainsi d’une supervision complète, et les données restent compréhensibles pour les décideurs de l’entreprise, qui saisissent mieux l’intérêt d’un parc à jour.
Guide de démarrage rapide
Fonctions de gestion des SLA de correctifs et des risques
Options d’approbation des correctifs
NinjaOne propose plusieurs niveaux de gestion des correctifs et de gouvernance des risques :
1. Niveaux d’approbation :
, approbations/rejets préventifs globaux
, approbations/rejets au niveau de la politique
, dérogations au niveau de l’appareil
2. Méthodes d’approbation fondées sur le risque :
, approuver les correctifs après un nombre de jours défini (jusqu’à 30 jours pour les mises à jour standard, 365 jours pour les mises à jour de fonctions)
, approuver ou rejeter les correctifs manuellement
, données sur les correctifs pilotées par l’IA pour détecter les risques
Données IA sur les correctifs
, évalue les correctifs Windows toutes les six heures
, peut déplacer automatiquement les correctifs d’un état à l’autre :
, approuvé
, approbation manuelle
, rejeté
, tient compte des problèmes connus et des retours de la communauté
Score des CVE et des vulnérabilités
, Common Vulnerability Scoring System (CVSS) intégré
, classe les vulnérabilités :
, critique : CVSS ≥ 9
, élevée : CVSS 7-9
, moyenne : CVSS 4-7
, faible : CVSS 0-4
Gouvernance des exceptions
, créer des dérogations au niveau de l’appareil ou de la politique
, approuver/rejeter manuellement les correctifs par :
, numéro de KB
, ID de correctif
, désinstaller des correctifs avec prise en charge du retour arrière
, définir des règles d’approbation spécifiques pour les correctifs
Bonnes pratiques
, tester d’abord les mises à jour critiques sur un petit échantillon d’appareils
, utiliser des déploiements par anneaux pour échelonner la diffusion des correctifs
, surveiller les résultats du déploiement de mise à jour
, ajuster le déploiement en fonction des premiers résultats
NinjaOne propose une approche complète de la gestion des correctifs, offrant un contrôle précis sur les SLA de correctifs, l’évaluation des risques et le traitement des exceptions.
