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Évaluer et classer les charges de travail cloud avant une migration

par Team Ninja
How to Assess and Classify Cloud Workloads Before Migration

Points clés

  • Se lancer directement dans la migration sans réaliser d’évaluation des charges de travail cloud peut entraîner des défaillances de dépendances invisibles et des interruptions imprévues.
  • Classer les charges de travail cloud selon leur impact sur l’activité permet de hiérarchiser les priorités et d’allouer les ressources plus efficacement.
  • Les évaluations de maturité cloud aident à repérer les charges de travail qui doivent être modernisées avant la migration.
  • Un modèle de coûts de migration cloud fiable intègre la croissance du stockage, les frais de sortie réseau, les évolutions de licences et les coûts liés à la reprise d’activité après incident.
  • Chaque charge de travail exige sa propre stratégie de migration. Appliquer une approche unique génère des coûts et une complexité inutiles.

À première vue, la migration vers le cloud semble plutôt simple. Il suffit de déplacer les données de votre entreprise de serveurs physiques vers une plateforme cloud : quoi de plus facile ?

Bien plus compliqué qu’il n’y paraît, en réalité. De nombreux projets de migration échouent parce que les équipes passent directement à l’exécution sans prendre le temps d’évaluer les charges de travail qu’elles déplacent. Et il suffit d’un seul faux pas pour que la migration perturbe l’ensemble des processus de votre entreprise et provoque des interruptions imprévues.

C’est précisément pour cela que l’évaluation des charges de travail cloud est si importante. Elle permet de comprendre comment vos données circulent réellement, de cartographier les dépendances applicatives invisibles et de planifier l’itinéraire de migration le plus sûr.

Ce guide vous explique comment mener une évaluation structurée des charges de travail cloud et pourquoi elle joue un rôle déterminant dans la réussite de votre transition.

Mener une évaluation structurée des charges de travail cloud avant une migration

Se lancer dans une migration sans avoir réalisé une évaluation complète des charges de travail revient à déménager sans faire l’inventaire de ce que l’on possède. Vous risquez de perdre ou d’abîmer quelque chose d’important en chemin.

Une évaluation des charges de travail cloud permet d’identifier celles qui peuvent être déplacées vers le cloud, leurs dépendances et la manière la plus sûre de les migrer. C’est vraiment la clé d’une transition réussie.

Voici comment démarrer :

Commencez par définir ce qu’englobe réellement une charge de travail cloud

Dans le cadre d’une migration vers le cloud, le terme « charge de travail » ne désigne pas uniquement les applications. Il couvre l’ensemble des ressources et des processus qui permettent à l’application de fonctionner, notamment :

  • les bases de données ;
  • les middlewares ;
  • les couches de stockage ;
  • les dépendances réseau ;
  • les intégrations d’identité.

En considérant une charge de travail cloud comme un écosystème interconnecté plutôt que comme une simple application, vous réduisez considérablement le risque que des dépendances invisibles viennent interrompre la migration.

Classez vos charges de travail cloud selon leur impact réel sur l’activité

Une fois vos charges de travail identifiées, l’étape suivante consiste à les catégoriser en fonction de leur impact sur l’activité. Par exemple :

  • Critiques pour l’activité : les systèmes qui exigent une haute disponibilité et ne tolèrent aucune interruption.
  • Orientées client : les services qui influencent directement l’UX (expérience utilisateur).
  • Productivité interne : les outils importants pour le quotidien de vos équipes, mais qui peuvent supporter de courtes interruptions.
  • Systèmes hérités : les applications proches de leur fin de vie, qui nécessitent une stratégie de migration différente.
  • Faible risque : les logiciels aux dépendances très limitées, dont l’impact sur les opérations quotidiennes est faible.

Cette classification vous permet d’organiser la séquence de migration en fonction de vos véritables priorités et d’allouer vos ressources plus efficacement.

Évaluez la maturité de chaque charge de travail pour la migration

Maintenant que vous avez une bonne idée du déroulement de votre projet de migration, il est temps d’examiner de plus près vos charges de travail cloud pour vérifier si elles sont prêtes à être migrées.

Une évaluation de maturité cloud porte généralement sur les points suivants :

  • Compatibilité de l’architecture : la charge de travail a-t-elle été conçue pour un environnement cloud, ou nécessite-t-elle une refonte majeure pour fonctionner correctement ?
  • Cartographie des dépendances : à quels autres services, bases de données ou systèmes la charge de travail est-elle reliée ? Ces dépendances sont-elles documentées ou invisibles ?
  • Sensibilité à la latence des bases de données : la charge de travail tolère-t-elle une latence accrue ? Si oui, dans quelle mesure ?
  • Contraintes de sécurité et de conformité : la charge de travail traite-t-elle des données réglementées, ou est-elle soumise à des exigences de conformité particulières ?
  • Complexité des intégrations : combien de connexions externes la charge de travail doit-elle conserver ? Sont-elles difficiles à reproduire ou à reconfigurer dans le cloud ?

Soyons honnêtes : toutes vos charges de travail ne pourront pas être migrées en l’état. Certaines applications devront être modernisées avant leur passage dans le cloud, et plus tôt vous les repérez, mieux c’est.

Modélisez les coûts réels et l’impact sur les performances avant de vous engager

L’une des erreurs les plus fréquentes des entreprises lorsqu’elles calculent le coût d’une migration vers le cloud consiste à ne considérer que les dépenses initiales. En réalité, il faut aussi prendre en compte les coûts d’exploitation récurrents, qui s’accumulent longtemps après la fin du projet.

Un modèle de coûts réaliste intègre généralement :

  • Les projections de croissance du stockage : comme les coûts de stockage cloud évoluent avec l’usage, votre modèle doit anticiper l’augmentation de vos volumes de données au fil du temps.
  • Les frais de sortie réseau : déplacer d’importants volumes de données entre régions cloud ou vers vos infrastructures sur site peut coûter cher, et ces frais grimpent vite si vous n’y prenez pas garde.
  • Les modèles de licence : toutes les licences logicielles ne se transposent pas facilement dans le cloud. Pour éviter les mauvaises surprises liées à des changements de licence onéreux, relisez vos contrats existants et vérifiez qu’ils couvrent bien un déploiement cloud.
  • Les niveaux de performance : chaque charge de travail a ses propres exigences de performance, ce qui implique de choisir le bon niveau dès le départ pour éviter des dépenses imprévues par la suite.
  • Les coûts de reprise d’activité après incident et de réplication : les équipes informatiques les oublient souvent dans leurs premières estimations, alors qu’ils représentent une part importante des dépenses cloud récurrentes.

Ignorer cette étape ne réduira pas vos dépenses, cela ne fera que les reporter. En les anticipant, vous donnez à votre équipe une vision bien plus réaliste du coût réel des opérations cloud.

Choisissez la stratégie de migration adaptée à chaque charge de travail

Comme nous l’avons évoqué plus haut, toutes les charges de travail ne se valent pas. Chacune a ses propres exigences, et les contraindre à suivre un même parcours de migration ne fait qu’ajouter des coûts et de la complexité inutiles à votre projet.

Alors, comment savoir quelle stratégie convient le mieux à une charge de travail donnée ? Tout dépend en définitive de son profil technique et de sa valeur pour l’activité.

Certaines charges de travail se prêtent parfaitement à un simple rehost, aussi appelé « lift and shift », où la charge de travail est déplacée vers une infrastructure cloud avec un minimum de modifications. D’autres gagneront à être refactorisées : vous en restructurez alors la conception pour améliorer son évolutivité ou tirer parti des capacités cloud natives.

Entre ces deux options se trouve le replatforming, qui permet de déplacer votre charge de travail vers un service cloud géré sans réécriture complète. Cette approche offre les mêmes bénéfices opérationnels qu’une infrastructure cloud, sans supporter le coût total d’un projet de modernisation.

Il faut aussi souligner que toutes les charges de travail de votre infrastructure n’ont pas vocation à être migrées. Certaines ont tout intérêt à rester sur site, en particulier celles qui présentent de fortes dépendances d’infrastructure et des exigences strictes de résidence des données.

Déplacer ces charges de travail vers une infrastructure cloud serait plus contraignant que de les laisser là où elles sont. Il en va de même pour les charges de travail héritées ou redondantes : mettre ces applications hors service est souvent la décision la plus judicieuse.

L’essentiel est d’évaluer chaque charge de travail individuellement plutôt que d’appliquer une approche unique. Pour cela, vous aurez besoin d’un cadre décisionnel qui associe le profil technique de chaque charge de travail à la stratégie de migration appropriée.

Alignez l’évaluation sur la stratégie de gouvernance globale de votre entreprise

Ce n’est pas parce que vous avez terminé l’évaluation de toutes vos charges de travail que vous pouvez passer directement à la migration. Vous devez encore vous assurer que les conclusions de votre évaluation s’accordent avec les stratégies cloud et de gouvernance plus larges de votre entreprise.

Voici quelques points essentiels à garder à l’esprit avant d’entamer la transition :

  • Cohérence avec vos politiques de cloud hybride existantes : vos décisions sont-elles alignées sur vos politiques cloud actuelles, ou risquent-elles de créer des conflits par la suite ?
  • Coordination avec la gestion du changement : avez-vous informé votre équipe de gestion du changement suffisamment tôt pour qu’elle puisse suivre, examiner et communiquer chaque opération de migration au reste de l’entreprise ?
  • Correspondance des contrôles de sécurité : chaque contrôle de sécurité en place sur site dispose-t-il d’un équivalent clair dans le cloud, ou subsiste-t-il des lacunes à combler ?
  • Exigences de supervision et d’observabilité : avez-vous défini comment votre équipe détectera les incidents dans le cloud et y répondra ?
  • Validation de la conformité : la conformité est-elle intégrée à chaque étape du processus de migration ?

En intégrant la gouvernance dès le début du processus de migration, vous évitez qu’elle ne devienne un goulet d’étranglement qui ralentit votre projet.

Continuez d’optimiser votre environnement cloud

Les évaluations de charges de travail ne servent pas uniquement à planifier des migrations : elles sont tout aussi utiles pour optimiser les environnements cloud. Vous pouvez les utiliser pour :

  • évaluer les performances de vos charges de travail après la migration ;
  • vérifier que le coût réel de la migration correspond aux projections établies lors de la phase d’évaluation ;
  • augmenter ou réduire vos ressources en fonction de l’utilisation réelle des données ;
  • repérer les opportunités d’automatisation des tâches répétitives, comme les mises à jour, les sauvegardes, l’évolutivité et le basculement ;
  • surveiller en continu les tendances de capacité.

En évaluant régulièrement l’état de santé et les performances de votre environnement cloud, vous vous assurez qu’il continue d’évoluer au rythme des besoins de votre entreprise.

Une évaluation approfondie des charges de travail cloud est la clé d’une migration réussie

La réussite de tout projet de migration vers le cloud dépend de votre compréhension de votre infrastructure. Vous pouvez disposer des meilleurs outils et de l’équipe la plus expérimentée : sans une vision claire de ce que vous déplacez, votre migration peut malgré tout échouer.

C’est là que l’évaluation des charges de travail cloud entre en jeu. Elle vous offre une meilleure compréhension de votre infrastructure en révélant les dépendances invisibles susceptibles de faire tomber des processus essentiels.

De plus, l’évaluation des charges de travail cloud fournit une base rationnelle à chaque décision majeure prise tout au long de la migration. Avec les bonnes informations, vous identifiez les charges de travail prêtes pour le cloud, celles à traiter en priorité et celles qu’il vaut mieux conserver sur site.

Alors, avant de déplacer quoi que ce soit d’autre, commencez par le travail de fond. Les entreprises qui prennent le temps d’évaluer la maturité cloud de leurs charges de travail sont celles qui vivent la transition la plus fluide vers un environnement cloud.

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FAQs

Pas nécessairement. Certains systèmes hérités se prêtent mieux à une modernisation, à une mise hors service ou à un maintien sur site, en particulier ceux qui présentent de fortes dépendances d’infrastructure ou des exigences strictes de résidence des données.

Vous pouvez utiliser un cadre d’évaluation structuré qui couvre les quatre domaines clés de la maturité cloud : la compatibilité de l’architecture, la cartographie des dépendances, les exigences de conformité et la complexité des intégrations. Ces critères vous aideront à déterminer rapidement quelles charges de travail sont prêtes pour la migration.

Il peut être les deux, selon les besoins de votre activité. Certaines entreprises l’utilisent comme phase de transition pendant la modernisation de leurs systèmes hérités, tandis que d’autres le conservent pour répondre à des exigences réglementaires ou de résidence des données.

Vous devriez revoir vos évaluations de charges de travail au moins une fois par an. Il est également recommandé de mener de nouvelles évaluations après tout changement majeur d’infrastructure ou toute mise à jour réglementaire.

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