Points clés
- Intégrer la durabilité aux cadres de gouvernance informatique donne des résultats environnementaux plus mesurables et plus défendables que de la gérer comme une initiative isolée.
- Relier les initiatives informatiques aux objectifs ESG en matière d’énergie, de cycle de vie des actifs et d’achats crée une base structurée pour le reporting et la responsabilisation.
- Définir des indicateurs de durabilité propres à la technologie pour les terminaux, les centres de données et les équipes en télétravail donne aux entreprises la visibilité nécessaire pour suivre et démontrer leurs progrès.
- Les décisions d’achat pèsent plus lourd à long terme sur l’environnement que les seuls ajustements opérationnels : la gouvernance des fournisseurs est donc essentielle à tout cadre de gouvernance informatique durable.
- Tenir à jour l’inventaire des actifs, les rapports de consommation énergétique et la documentation du cycle de vie garantit que les engagements de durabilité résisteront aux audits réglementaires et à l’examen des investisseurs.
- Les responsables informatiques qui présentent les résultats de durabilité en même temps que les gains d’efficacité budgétaire font du service informatique un contributeur stratégique à la durabilité de l’entreprise.
La durabilité d’entreprise est une approche stratégique de plus en plus répandue, qui est passée de simples engagements environnementaux à de véritables obligations façonnant la façon dont les entreprises gèrent leur technologie. Pourtant, beaucoup d’entre elles traitent encore la durabilité comme une initiative distincte des structures de gouvernance qui orientent réellement les décisions. Ce décalage entraîne diverses conséquences, de l’exposition réglementaire à l’érosion de la confiance des investisseurs.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les centres de données consomment à eux seuls environ 415 térawattheures d’électricité par an (soit près de 1,5 % de la consommation électrique mondiale), un chiffre en hausse de 12 % par an depuis cinq ans. L’infrastructure informatique est donc l’un des domaines où la gouvernance de la durabilité peut avoir l’impact le plus mesurable. Pour éviter ces différentes répercussions, poursuivez votre lecture : vous découvrirez comment intégrer la durabilité aux structures de gouvernance et de conformité informatiques et obtenir des résultats plus significatifs et plus mesurables.
Relier les procédures informatiques à la stratégie de durabilité ESG
Lorsqu’une entreprise prend des engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), les responsables informatiques doivent montrer en quoi les décisions technologiques contribuent aux objectifs environnementaux et de gouvernance. Pour cela, le mieux est de relier les initiatives informatiques aux objectifs ESG de façon structurée, afin de mesurer clairement l’impact là où il se produit vraiment.
Voici quelques points de rencontre entre la stratégie informatique et les objectifs ESG :
- Références de configuration de consommation énergétique sur l’ensemble de l’infrastructure et des terminaux
- Objectifs d’allongement de la durée de vie utile des actifs matériels
- Bénéfices environnementaux du travail à distance et hybride
- Réduction des émissions de carbone liée aux projets de transformation numérique
- Attentes en matière de durabilité inscrites dans les relations avec la chaîne d’approvisionnement
Lorsque la politique informatique est délibérément alignée sur les engagements ESG, la performance environnementale devient un élément que les équipes informatiques peuvent suivre, vérifier et communiquer plus facilement.
Définir des indicateurs de durabilité d’entreprise pour les opérations technologiques
Cette première étape franchie, les entreprises peuvent désormais appuyer sans effort leurs initiatives de durabilité sur des indicateurs de performance mesurables. Ces indicateurs aident les équipes à déterminer si leurs actions produisent des résultats ou se contentent de générer de l’activité.
Veillez à définir et à suivre les indicateurs suivants :
- Rythme des cycles de renouvellement des appareils, optimisé pour concilier performance matérielle et objectifs d’allongement du cycle de vie
- Évolution de la consommation électrique suivie sur les terminaux, les réseaux et l’infrastructure de support
- Ratios d’efficacité énergétique des centres de données, incluant le refroidissement, la distribution électrique et le taux d’utilisation des serveurs
- Analyse des économies d’énergie liées au travail à distance et hybride, tenant compte de la baisse des besoins en locaux et en déplacements
- Suivi de la réduction des déchets électroniques : volumes mis au rebut, taux de recyclage et résultats de récupération des actifs
En appuyant les efforts de durabilité sur une mesure structurée, les équipes obtiennent la responsabilisation et la visibilité auprès de la direction nécessaires à des progrès durables.
Achats responsables et gouvernance des fournisseurs
Les décisions d’achat comptent beaucoup pour l’impact environnemental à long terme, mais elles ne devraient pas être évaluées uniquement sur le coût et les délais de livraison. Les équipes doivent toujours se concentrer sur les critères appliqués au moment de l’achat et sur les exigences imposées aux fournisseurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement, afin que les engagements de durabilité dépassent le périmètre des opérations internes.
Voici quelques aspects que la gouvernance informatique devrait intégrer à ses critères d’achat :
- Certifications environnementales des fournisseurs comme condition minimale de qualification dans le processus de sélection
- Politiques d’emballage et d’expédition responsables, qui réduisent les déchets et les émissions liés à la livraison du matériel
- Critères de réparabilité du matériel privilégiant les appareils conçus pour une longue durée de service
- Programmes de recyclage responsable et de récupération des actifs garantissant un traitement respectueux de l’environnement des équipements en fin de vie
- Exigences de publication de l’empreinte carbone des fournisseurs, pour plus de transparence sur leur impact environnemental
Autrement dit, les politiques d’achat façonnent l’empreinte environnementale d’une entreprise de façon bien plus durable que les améliorations opérationnelles apportées à sa propre infrastructure.
Transparence opérationnelle et préparation au reporting
Les entreprises ne peuvent plus se permettre de gérer leurs engagements environnementaux de manière informelle ou réactive, d’autant que les initiatives de durabilité font l’objet d’un examen croissant de la part des régulateurs et des investisseurs. Comme les services informatiques détiennent l’ensemble des données de durabilité de leur entreprise, la transparence est devenue une responsabilité de gouvernance.
Les équipes informatiques doivent conserver visibilité et documentation sur les points suivants :
- Inventaire des actifs offrant une vue complète et à jour de tout le matériel déployé
- Cadres de reporting de la consommation énergétique qui collectent des données détaillées à des fins de déclaration réglementaire et d’information des investisseurs
- Documentation du cycle de vie retraçant chaque actif de l’achat à la mise hors service, à l’appui des affirmations sur les objectifs d’allongement de la durée de vie et les pratiques de mise au rebut
- Pièces justificatives pour les audits de conformité, permettant aux équipes informatiques de répondre correctement aux contrôles formels
- Documentation des politiques, revue régulièrement et explicitement alignée sur les objectifs de durabilité
Ce niveau de transparence garantit que les engagements de durabilité sont solidement étayés en vue d’un audit et conçus pour résister à un contrôle formel ou aux questions des investisseurs.
Intégrer la durabilité à la gouvernance de la conformité et de la sécurité
Les programmes de durabilité croisent toujours directement les cadres de conformité et de sécurité sur lesquels la gouvernance informatique s’appuie déjà. Chaque plan de durabilité a donc des implications qui doivent être évaluées au regard des obligations opérationnelles existantes avant toute décision.
Voici les facteurs à examiner :
- Le fait de savoir si l’allongement du cycle de vie des appareils introduit des risques de sécurité lorsque le matériel dépasse la période de support du fournisseur
- La façon dont le travail à distance et hybride réduit la consommation énergétique de l’infrastructure
- Le fait de savoir si le matériel issu de sources responsables ou certifié répond aux exigences de conformité
- La façon dont les processus de reporting de durabilité s’articulent avec les cycles d’audit réglementaire existants, afin de réduire les doublons et la charge administrative
C’est en conciliant objectifs environnementaux, sécurité et obligations de conformité que les programmes de durabilité gagnent la crédibilité opérationnelle et la viabilité à long terme dont ils ont besoin pour réussir dans un environnement d’entreprise encadré.
Supervision par la direction et le conseil d’administration
Enfin, les responsables informatiques sont de plus en plus attendus dans les discussions au niveau du conseil d’administration avec des données plutôt que de simples comptes rendus, car la durabilité d’entreprise y est devenue un point récurrent. Ils doivent présenter l’informatique comme une fonction stratégique et non comme une activité de back-office.
Ce que les responsables informatiques doivent apporter au reporting destiné à la direction et au conseil d’administration :
- Des résultats de durabilité mesurables, rattachés à des initiatives précises
- Des cycles de reporting alignés sur les publications financières, afin que la performance de durabilité soit examinée régulièrement
- Des gains d’efficacité budgétaire présentés en parallèle des améliorations environnementales
- Des preuves de la façon dont les cadres de gouvernance existants soutiennent activement et durablement les engagements environnementaux de l’entreprise
Lorsque les responsables informatiques s’expriment avec clarté et constance, le service informatique s’impose comme un contributeur stratégique à la durabilité de l’entreprise.
Un cadre de gouvernance informatique durable comme socle de la responsabilité d’entreprise
Aligner les objectifs de durabilité d’entreprise sur la gouvernance informatique est une discipline continue qui touche à la stratégie, aux achats, aux opérations et au reporting de direction. Les entreprises qui intègrent la durabilité à leurs cadres de gouvernance répondent plus facilement aux attentes réglementaires et démontrent que la responsabilité environnementale fait partie intégrante de leur mode de fonctionnement. N’oubliez pas simplement d’utiliser des indicateurs mesurables, un reporting transparent et des critères fournisseurs pour transformer les efforts de durabilité en atout pour l’entreprise.
Guide de démarrage rapide
Pour aligner la durabilité sur la gouvernance informatique dans NinjaOne :
- Définissez des indicateurs de durabilité dans des champs personnalisés (classe énergétique, empreinte carbone, statut de recyclage)
- Utilisez les étiquettes d’appareils pour classer les actifs selon leur impact environnemental
- Créez des politiques qui imposent des réglages économes en énergie (modes veille, gestion de l’alimentation)
- Générez des rapports depuis le module ITAM pour suivre le cycle de vie des actifs et leur impact environnemental
- Intégrez le tout aux workflows de conformité pour documenter vos efforts de durabilité
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