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Il est temps de redémarrer la grande entreprise

par Tom Molden, CIO, Global Executive Engagement   |  
traduit par Alexandre Goux
Modernisation informatique : les trois causes de la complexité IT — sous-investissement, fusions-acquisitions, cybermenaces

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La modernisation informatique n’a plus rien à voir avec le contexte dans lequel certains d’entre nous, professionnels de la vieille école, avons grandi et que nous avons contribué à bâtir. Et pourtant, de nombreuses entreprises tentent encore de lutter contre des adversaires modernes et de développer de grandes entreprises modernes en s’appuyant sur des technologies, des infrastructures et des processus d’une époque révolue. L’innovation dans le monde des affaires devance celle des technologies de l’information, et cet écart ne cesse de se creuser de jour en jour. D’un côté, les entreprises qui ont modernisé leur infrastructure agissent avec plus de rapidité et de souplesse, en recourant à des solutions basées sur le cloud pour accroître leur agilité commerciale et stimuler leur croissance. De l’autre, celles qui n’ont pas repensé leurs stratégies peinent à rester compétitives.

On sait depuis longtemps que les grandes entreprises dotées de services informatiques hautement performants ont tendance à obtenir de meilleurs résultats que leurs concurrents. Mais lorsque les processus informatiques ralentissent vos activités opérationnelles, cela se répercute sur vos résultats financiers. La bonne nouvelle ? La modernisation des opérations numériques n’a jamais été aussi simple.

Comment l’héritage freine la modernisation informatique (la complexité, le fruit de 30 ans d’évolution)

Pour celles et ceux qui se souviennent de l’essor des ERP et de la révolution Windows 95 dans les années 1990, cette période a été marquée par une transformation numérique rapide, au cours de laquelle l’informatique est devenue un pilier central de l’entreprise. Au cours des deux dernières décennies, toute une série de facteurs (entrepôts de données, middleware,·big·data,·e-commerce, etc.) ont contribué à accroître la complexité de nos stacks. .Bon nombre d’entre elles sont désormais difficiles et coûteuses à gérer, et les investissements stratégiques réalisés ces dernières années dans la transformation numérique n’ont fait qu’aggraver ce problème.

Au fil du temps, la complexité croissante nous a amenés à accumuler un important « bagage » technique au sein de nos entreprises. D’autres facteurs clés sont également en cause :

  • Sous-investissement sur la durée : Cycle budgétaire après cycle budgétaire, les entreprises ont eu tendance à reléguer au second plan les investissements dans les opérations et l’infrastructure, au profit des innovations commerciales ou des économies à court terme. Face à la pression exercée sur les responsables informatiques pour qu’ils stimulent l’innovation dans l’entreprise, on observe une tendance à adopter une mentalité du type « si ça marche, on n’y touche pas », et les systèmes jugés « suffisants » ont peu à peu pris du retard sans que personne ne s’en aperçoive.
  • Fusion-acquisition : Alors que les acquisitions continuent d’alimenter la croissance dans tous les secteurs, nous multiplions les couches de systèmes. Les intégrations bout en bout restent rares ; le plus souvent, les technologies sont simplement bricolées ensemble et gérées en silos. La dette technique qui en résulte est rarement justifiée et continue de freiner les équipes.
  • La montée des cybermenaces : Face à l’intensification des cybermenaces au cours des années 2000 et 2010, les entreprises ont été contraintes de réagir. Les budgets ont été réaffectés, et les ressources qui auraient pu être consacrées à la modernisation des infrastructures ont été, et continuent d’être, affectées à la correction des failles de sécurité.

La complexité ne fera que s’accroître à mesure que l’innovation s’accélère, et dans le monde de l’informatique, le coût lié à la gestion et à la protection de cet « héritage » devient insoutenable. Les DSI subissent une pression croissante pour rationaliser leurs activités et réduire les coûts. Pourtant, la réalité est que les technologies héritées comportent encore de nombreux coûts cachés qu’il n’est pas facile d’éliminer. L’utilisation de plusieurs outils ne se résume pas à des coûts de licence multiples. Cela implique également la mise en place d’équipes supplémentaires pour les soutenir, notamment par le recrutement de profils aux compétences spécialisées. L’exploitation de nombreux systèmes hérités entraîne également une charge importante. Le matériel à lui seul représente un poste de dépense important ; les intégrations, les référentiels de données et les besoins en bande passante constituent d’autres facteurs de coût. De plus, le cloisonnement des fonctions et des outils multiplie la redondance et induit un surcroît de travail. Des coûts qui s’avèrent encore plus difficiles à évaluer.

Sur le plan humain, la pression exercée sur les équipes informatiques ne cesse de s’accentuer, à mesure que les professionnels ayant bâti leur carrière autour des technologies héritées prennent leur retraite, laissant à des talents qualifiés la charge de gérer une infrastructure qui n’a jamais été conçue pour le rythme ni l’ampleur du monde moderne.

Le coût de ce passif technique a également un impact sur les résultats de votre entreprise. Alors qu’auparavant, nous suivions les temps d’indisponibilité comme un indicateur clé de performance (KPI) informatique essentiel, les attentes en matière de rapidité et de performances sont aujourd’hui la norme. Les dirigeants s’intéressent davantage à la manière dont ils peuvent tirer le meilleur parti de leur uptime. « La lenteur, c’est la nouvelle panne » : voilà une expression que l’on entend souvent. Et une approche de gestion informatique qui se contente du statu quo n’a jamais été aussi coûteuse. Plus les entreprises attendent, plus il devient difficile de démêler tout cela.

Illustration présentant les trois facteurs à l'origine de la complexité informatique : le "sous-investissement sur la durée," les·"fusions·et·acquisitions"·(M&A)·menant à des systèmes fragmentés et mal intégrés, et "la·montée·des·cybermenaces", qui accroît les exigences en matière de sécurité et réoriente les ressources vers la lutte contre les menaces.

Pourquoi la modernisation informatique ne peut plus attendre

Le monde des affaires moderne exige de l’agilité, et pour réussir aujourd’hui, les services informatiques doivent faire plus que simplement suivre le rythme. Il faut trouver des moyens de garder une longueur d’avance. La meilleure façon d’y parvenir est de donner à vos équipes les moyens de rationaliser vos·opérations·et·de·les·faire·passer·à·l’échelle,en·unifiant vos fonctions·de·gestion IT,·en·consolidant·votre·écosystème·d’outils,· et en simplifiant votre travail.

C’est maintenant que le véritable changement s’opère. La modernisation informatique devient plus concrète, plus progressive et encore plus réalisable. Pour les entreprises, prendre·de·l’avance·n’est·pas·une·question·de·budget, c’est une question·d’efficacité·à·simplifier·ses·opérations. Elles commencent également à superposer·des·opérations·pilotées·par·l’IA,·qui·viennent·démultiplier l’efficacité de systèmes déjà rationalisés.

Pistes auxquelles réfléchir : Commencez par identifier les domaines dans lesquels la complexité vous coûte le plus cher. Trop d’outils, trop de transferts de tâches, trop de travail manuel. Cherchez des possibilités d’harmonisation et d’automatisation avant d’ajouter quoi que ce soit de nouveau.

De plus, n’attendez pas d’avoir trouvé le plan de transformation « parfait ». Les entreprises qui obtiennent aujourd’hui des résultats sont celles qui font le premier pas, qu’il s’agisse de regrouper quelques outils, de moderniser un flux de travail clé ou de repenser la gestion des terminaux, puis d’aller de l’avant.

La modernisation n’est pas un processus ponctuel. C’est une série de décisions qui vous font passer d’une attitude passive à une attitude proactive. Au final, la complexité nuit à la rapidité, et les technologies obsolètes freinent l’innovation. Pour accompagner notre entreprise dans cette nouvelle ère de croissance, le service informatique est bien placé pour prendre les rênes.

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