Points clés
- Redondance par couches : combinez plusieurs copies de données réparties entre un site externe et le stockage cloud pour éliminer tout point de défaillance unique.
- Stockage hybride : associez du matériel sur site, pour une restauration locale rapide, à des dépôts cloud qui assurent la résilience hors site en cas d’incident.
- Stockage immuable : mettez en place des configurations Write-Once-Read-Many (WORM) et des air gaps isolés pour protéger vos sauvegardes contre les ransomwares.
- Tests de restauration continus : exécutez régulièrement des simulations de scénarios automatisées pour valider l’intégrité des données et garantir vos objectifs de RTO (recovery time objective) et de RPO (recovery point objective).
- Gestion centralisée : adoptez une gestion à guichet unique pour surveiller l’état des sauvegardes, appliquer vos politiques et faire évoluer la restauration à l’échelle de l’entreprise.
Une stratégie fiable de sauvegarde et de restauration en entreprise combine redondance par couches, stockage isolé et immuable, automatisation et tests de restauration réguliers, afin qu’un point de défaillance unique ne se transforme jamais en perte totale de données. Un exemple récent illustre bien l’enjeu : en mai 2026, Canvas, un logiciel de gestion de l’apprentissage appartenant à Instructure, a été touché par une fuite de données et un ransomware orchestrés par un groupe de pirates informatiques baptisé ShinyHunters. Plus de 3,5 téraoctets de données auraient été dérobés ou compromis, affectant plus de 275 millions d’utilisateurs répartis dans près de 9 000 établissements d’enseignement à travers le monde.
Cet incident rappelle avec force que les entreprises qui traitent d’immenses volumes de données sensibles doivent renforcer et améliorer leurs plans de stockage et de récupération des données avant la prochaine fuite de données majeure.
Dans cet article, nous verrons comment les équipes informatiques et les MSP peuvent bâtir une stratégie fiable de sauvegarde et de restauration en entreprise pour leurs clients, depuis les erreurs à éviter jusqu’aux pratiques les plus recommandées.
Pourquoi les stratégies actuelles de sauvegarde et de restauration échouent
Les statistiques récentes en matière de cybersécurité dressent un tableau alarmant :
- Alors que plus de 90 % des entreprises se disent confiantes dans leur capacité à restaurer leurs données, seules 28 % d’entre elles sont réellement parvenues à restaurer intégralement les données touchées.
- Les données de plus de 7 500 entreprises ont été publiées sur des sites de fuite liés aux ransomwares en 2025, soit une hausse de 58 % par rapport à l’année précédente.
- Un rapport Veeam de 2024 révèle que 96 % des attaques par ransomware visaient des dépôts de sauvegarde, et que 76 % d’entre elles ont abouti.
- ShinyHunters a affirmé avoir dérobé environ 3,6 téraoctets de données, affectant quelque 275 millions d’utilisateurs (Instructure n’a pas confirmé de façon indépendante ces chiffres annoncés par les attaquants)
Ce ne sont là que quelques exemples révélant l’insuffisance des plans de sauvegarde et de restauration en place dans de nombreuses entreprises.
Les erreurs de sauvegarde les plus courantes en entreprise
Ces stratégies échouent à protéger et à restaurer les données pour diverses raisons. Parmi les erreurs les plus fréquentes :
- Miser sur une seule voie de restauration, sans solution de repli en cas d’échec
- Prévoir une redondance insuffisante, en créant et en conservant une seule copie ou très peu de copies d’un jeu de données
- Conserver des systèmes de sauvegarde fragmentés, ce qui entrave une restauration rapide et efficace
- Négliger les tests de restauration permettant de vérifier la fiabilité et l’état de préparation des systèmes de sauvegarde
- Exclure les sauvegardes SaaS et cloud des plans de sauvegarde et de restauration
- Considérer la protection native SaaS comme une véritable sauvegarde : se reposer sur les politiques de rétention intégrées de Microsoft 365 ou Google Workspace sans solution de sauvegarde SaaS dédiée. Les outils natifs protègent contre une simple suppression accidentelle, mais pas contre une purge massive malveillante ni contre un chiffrement par ransomware au niveau du compte.
- Ignorer la planification de la restauration face aux ransomwares, en particulier pour les attaques qui visent le stockage de données de l’entreprise
Les conséquences d’une mauvaise gestion des sauvegardes en entreprise
Une stratégie de sauvegarde et de restauration fragmentée et mal pensée peut entraîner :
- Des flux de restauration incohérents : des procédures de restauration jamais réexaminées créent des lacunes dans la restauration et aboutissent à des jeux de données incomplets.
- Des silos opérationnels : une restauration inégale des données peut conduire les services et les équipes à travailler chacun de leur côté, au détriment de la collaboration et de la communication.
- Des restaurations tardives : des délais de restauration plus longs prolongent les interruptions de service, avec à la clé des pertes financières et une perte de confiance des clients.
- Une visibilité partielle sur les sauvegardes : faute de transparence dans le processus, les utilisateurs finaux et les parties prenantes peuvent ignorer l’état de sécurité de leurs données.
- Une exposition réglementaire : des stratégies de sauvegarde qui ne respectent pas les normes de conformité peuvent entraîner de lourdes sanctions financières et des poursuites judiciaires.
Toute stratégie de sauvegarde et de restauration présentant une ou plusieurs de ces erreurs doit être réexaminée, et son plan repensé pour améliorer la protection et la fiabilité des données.
Comment bâtir une stratégie fiable de sauvegarde et de restauration en entreprise
Un système de stockage et de récupération fiable et complet repose sur une infrastructure de données en couches, pilotée en coulisses par une équipe informatique rigoureuse et transparente.
Pour construire une telle stratégie, il faut adopter les bonnes pratiques suivantes :
Conservez plusieurs copies de vos données critiques
La redondance est un pilier de toute stratégie de sauvegarde solide. Les entreprises doivent créer et conserver plusieurs copies de leurs données afin de réduire la dépendance opérationnelle à un système unique et de se préparer à une éventuelle compromission.
La stratégie de sauvegarde 3-2-1 est-elle toujours efficace ?
La plupart des experts informatiques recommandent la stratégie de sauvegarde 3-2-1, selon laquelle :
- trois copies sont créées,
- deux copies doivent résider sur des supports de stockage différents,
- une copie doit être conservée hors site ou dans le cloud.
Cependant, les cyberattaques s’étant complexifiées au fil des ans, beaucoup recommandent aujourd’hui une version renforcée de cette approche.
C’est le cas de la stratégie 3-2-1-1-0 qui, en plus du cadre 3-2-1 évoqué plus haut, prévoit que :
- une copie immuable est créée et conservée dans un stockage isolé, hors ligne ;
- zéro erreur est attendue lors des tests automatisés de sauvegarde et de restauration.
Séparez les emplacements de sauvegarde
Au-delà de la création de plusieurs copies, répartir les données de sauvegarde sur des emplacements distincts renforce leur résilience en réduisant les risques de défaillance et de compromission. En clair : si un support de stockage est compromis, un autre reste disponible pour restaurer les données.
Au moment de choisir les supports de stockage qui soutiendront votre stratégie de sauvegarde, tenez compte des points suivants :
- Prévoyez un stockage hors site : exporter des copies vers un site géographiquement éloigné met les données à l’abri d’une compromission de l’environnement principal de l’entreprise.
- Adoptez la réplication interrégionale : disposer de copies asynchrones (l’une modifiable, l’autre immuable) dans différentes régions améliore l’efficacité opérationnelle et la rapidité de restauration.
- Intégrez une redondance en cloud hybride : le stockage cloud facilite l’accès aux données et réduit ainsi les délais de restauration.
Évitez les systèmes de sauvegarde fragmentés
Précisons un point : recourir à des sauvegardes distinctes ne revient pas à exploiter un système de sauvegarde fragmenté. Autrement dit, vous pouvez combiner plusieurs systèmes de stockage, mais ils ne doivent pas être gérés séparément avec des outils et des plateformes différents.
Pour plus d’efficacité, utilisez une plateforme de gestion centralisée comme NinjaOne Backup, qui vous permet, à vous et à votre équipe informatique, de surveiller l’ensemble de vos espaces de sauvegarde depuis un seul endroit.
Protection des données et sauvegarde cloud pour les MSP : comparatif
Lorsqu’un MSP évalue des solutions de sauvegarde cloud pour ses clients, le choix de la bonne plateforme suppose de concilier évolutivité financière, efficacité opérationnelle et conformité réglementaire. Les fournisseurs de services gérés doivent évaluer trois critères principaux :
- Structure de coûts : les modèles de tarification traditionnels par utilisateur ou par gigaoctet peuvent éroder les marges des MSP à mesure que les jeux de données des clients grossissent. Les solutions modernes s’appuient sur une tarification par appareil ou sur des modèles de stockage mutualisé flexibles pour maintenir des coûts opérationnels prévisibles.
- Support fournisseur : un support technique direct 24h/24 et 7j/7 et des voies d’escalade rapides sont indispensables aux MSP qui gèrent des incidents de restauration critiques.
- Conformité et multi-tenant : un reporting de conformité centralisé (HIPAA, RGPD, SOC 2) et une gestion multi-tenant à guichet unique réduisent la charge administrative tout en appliquant des politiques de données uniformes à l’ensemble des clients gérés.
Combinez sauvegardes cloud et sur site
Les stratégies de sauvegarde et de restauration les plus résilientes reposent sur un mélange hybride de stockage cloud et physique, tirant parti des atouts des supports numériques et traditionnels.
Le stockage cloud permet d’accéder aux données à distance depuis presque n’importe où et s’adapte à la croissance du volume de données de l’entreprise, tandis que son pendant local, sur site, accélère la restauration, la gestion opérationnelle et la continuité des activités.
Automatisez les opérations de sauvegarde
Grâce aux outils automatisés, les flux de sauvegarde et de restauration s’exécutent avec un minimum d’intervention humaine, ce qui apporte rapidité, cohérence et évolutivité.
Voici les tâches que votre stratégie devrait automatiser :
- Planification des sauvegardes : définissez l’heure et la fréquence de copie et de stockage des données complètes et incrémentielles.
- Application des politiques : déterminez le périmètre et les types de données à inclure ou à exclure de la sauvegarde.
- Validation des restaurations : collectez des critères quantitatifs pour mesurer le taux de réussite des restaurations.
- Synchronisation des terminaux : reliez les sauvegardes aux terminaux pour synchroniser les données, y compris les modifications incrémentielles.
- Gestion de la rétention : définissez une durée de conservation d’un jeu de données donné avant son remplacement.
Mettez en place des mesures de sécurité anti-ransomware
Le ransomware reste la principale menace de sécurité pour les sauvegardes en entreprise, et empêcher ces attaques d’infiltrer facilement les systèmes exige plusieurs couches de politiques et de procédures de sécurité.
Maintenir l’isolation des sauvegardes
La résilience face aux ransomwares augmente lorsque les sauvegardes sont isolées des voies d’intrusion potentielles. Cela passe par un stockage de sauvegarde immuable, des environnements avec air gap, des réseaux segmentés et un accès restreint.
Immuabilité de l’API et du stockage (WORM) : utilisez des configurations de stockage Write-Once-Read-Many (WORM) au niveau du cloud et du matériel. Une fois un instantané (snapshot) de sauvegarde écrit, il ne peut plus être modifié, chiffré ni supprimé par un utilisateur, même si des identifiants administrateur sont compromis lors d’une attaque par ransomware.
Restreindre les accès administrateur
Limiter l’accès à un petit nombre de personnes de confiance réduit l’exposition des sauvegardes aux acteurs malveillants externes. L’application de ces restrictions commence par des mesures telles que la MFA (authentification forte), le chiffrement des données et des politiques zero trust.
Surveiller en continu l’intégrité des sauvegardes
Utiliser des outils qui surveillent tous les aspects de l’intégrité d’une sauvegarde garantit que les dispositifs nécessaires à la restauration des données sont bien en place.
Testez l’état de préparation de la restauration
Les entreprises croient souvent à tort que les données stockées dans les sauvegardes resteront intactes et que les différents scénarios pourront être traités avec les mêmes voies de restauration. Or, rien ne le garantit tant que vous n’avez pas testé régulièrement l’état de préparation de votre sauvegarde ainsi que l’intégrité des données qu’elle contient.
Validez les flux de restauration
Les systèmes de sauvegarde doivent pouvoir restaurer les données essentielles aux activités et aux flux de travail de l’entreprise : fichiers, applications et systèmes d’exploitation.
Simulez des scénarios de restauration
Les équipes informatiques peuvent créer des environnements simulés pour tester les procédures de restauration dans différents cas de figure : attaques par ransomware, pannes d’infrastructure, corruption de données et catastrophes naturelles.
Définissez et mesurez vos objectifs de restauration
Disposer d’indicateurs donne aux équipes informatiques une référence de configuration pour mesurer la réussite des stratégies de restauration. Les critères à suivre doivent inclure les RTO (recovery time objective), les RPO (recovery point objective) et les délais de remise en service opérationnelle, avec des cibles de RTO et de RPO clairement définies :
- RTO (recovery time objective) : la durée maximale acceptable d’indisponibilité d’un système après une défaillance ou une attaque, avant la reprise obligatoire des opérations normales.
- RPO (recovery point objective) : le volume maximal acceptable de pertes de données, mesuré en temps (par exemple, perdre au maximum une heure de données transactionnelles).
Renforcez dès maintenant votre stratégie de sauvegarde en entreprise
À mesure que les ransomwares et les autres formes de fuite de données gagnent en sophistication, vos plans de sauvegarde et de restauration doivent évoluer de même. Améliorer la fiabilité et la résilience des sauvegardes en entreprise ne se limite pas à créer plusieurs copies. Cela suppose aussi des supports de stockage variés et distincts, des flux automatisés, une sécurité solidement appliquée et des tests réguliers de l’état de préparation à la restauration.
Guide de démarrage rapide
NinjaOne propose des solutions complètes de sauvegarde et de restauration conçues pour aider les entreprises à bâtir des stratégies fiables. Voici ce que NinjaOne apporte :
✓ Planification automatisée des sauvegardes
✓ Surveillance de l’état des sauvegardes et alertes
✓ Contrôle d’accès basé sur les rôles
✓ Pistes d’audit et reporting de conformité
✓ Stockage WORM pour des sauvegardes immuables
✓ Effacement sécurisé des données à la fin du contrat
La solution de NinjaOne est spécialement conçue pour les MSP et les entreprises qui gèrent de multiples organisations et utilisateurs, ce qui en fait un choix adapté pour bâtir des stratégies de sauvegarde et de restauration complètes et fiables.
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